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TABLE RONDE

La Journée Nationale FELDENKRAIS 
26 mars 2011 à MONTPELLIER

LES TEMOIGNAGES
A la table ronde : Jean-Marie Frappereau (ostéopathe), Mireille Frassin
(chanteuse et professeure de chant), Claire Godefroid (peintre et enseignante
en peinture), Sonia Onckelinx (danseuse et praticienne Feldenkrais), des élèves
de cours de Feldenkrais, avec la participation de Claude Espinassier, le premier
praticien Feldenkrais sur Montpellier.

Jean-Marie Frappereau :

>viennent du travail au sol, immobilisation et comment en sortir).
C’est le mouvement qui soigne : ce n’est pas du soin, c’est prendre soin de soi
En tant qu’ostéopathe, poser mes mains et sentir ce qui se passe, va permettre
une relaxation, un mouvement dans les tissus
Le mouvement du corps, sa parole, nous rappelle qu’il sait « comment je fais,
pourquoi je tombe, ou je trébuche et retrouve mon équilibre », une certaine
conscience où l’observateur est aussi l’observé…
L’intelligence du corps de la personne qui fait du Feldenkrais (FDKS) me permet
de soigner beaucoup plus facilement : c’est un dialogue à partir d’un vécu…

Mireille Frassin :
J’ai toujours inclus une approche corporelle dans mes cours de chant.
Le FDKS m’ a appris à m’autoriser à savoir mieux faire « le petit » qui bouge dans
la bouche, la gorge, la colonne vertébrale, jusqu'à à l’appui dans les pieds.
Le FDKS nous conduit vers « être plus tranquille » dans l’action ?
C’est comme si je jouais avec des petits morceaux de puzzle que je découvre et
que j’associe progressivement, qui me permet d’être plus dans le global.
Par exemple, sentir que le son de la voix bouche fermée, va circuler, résonner
dans beaucoup d’endroits du corps.
Par le FDKS, apprendre à regarder, sentir le corps dans plein d’endroits à la
loupe et à la fois.
C’est réaliser que c’est tout le corps qui chante et pas seulement les cordes
vocales.
Le FDKS c’est la suite de mon chemin, c’est fin, subtil, précis et cela colle bien à
ma pratique…


Claire Godefroid : FELDENKRAIS ET PEINTURE

Nous co-animons des ateliers peinture et Feldenkrais depuis 5 ans avec Alice
Reudet à partir d’un goût commun entre nous deux pour la peinture.
J’ai une pratique de Qi Gong et c’est parti d’une intuition que le corps était
central dans une pratique artistique : le corps véritable instrument du peintre et
porteur du pinceau. Le corps réceptacle de nos mémoires sensibles et de nos
sensations est acteur dans un mouvement d’expression.
Au-delà de la technique il est intéressant de laisser passer quelque chose à notre
insu, sans jugement, avec un regard bienveillant, pour repérer ce qui est facile.
La géométrie sensible des espaces, des volumes, des angles, des directions en
lien avec les espaces de notre corps.
Le FDKS nous amène à visualiser de l’intérieur et à explorer de nouveaux
chemins : par exemple expérimenter « peindre avec la main gauche », « changer
de format », « de rythme »… Ceci permet de laisser transparaitre ce qui émane
de nous au travers de nous même, de nos gestes et d’ouvrir des chemins de
l’expression.

TÉMOIGNAGE D'ÉLÈVES:

Avec 2 prothèses de hanche, après un cancer du sein et des douleurs cervicales
très fortes, cette dame consulte un médecin qui lui suggère de faire du FDKS.
Pour elle, le FDKS rend intelligent, et si cela ne nous rend pas plus intelligent, au
moins cela nous rend plus souple d’esprit car cela apprend à trouver le chemin qui
nous convient.
« Je fais mes petits chemins »…

Sonia Onckelinx:   FELDENKRAIS ET DANSE

J’ai connu la méthode en étant enceinte, donc arrêt de la danse mais envie de
continuer de bouger.
J’ai commencé la danse à 20 ans, c’est tard et j’ai dû ingurgiter beaucoup de
choses.
J’étais fascinée par le regard de l’autre, l’envie de faire comme les modèles et
derrière la danseuse que j’étais, il y avait beaucoup de tabous, de respect des
consignes par exemple « ne pas bouger la tête, ne pas bouger ici ou là,
dissocier… »
Par le FDKS, j’ai compris ce qu’était « différencier », découvert comment
tourner la tête sans se faire mal, sans créer des tensions.
Je pouvais m’autoriser à faire ceci ou cela, trouver mon propre repérage de ce
qui était juste pour moi.
On est déjà créatif et dansant pour soi-même dans ses tous petits mouvements.
Le danseur est parfois plus handicapé qu’un autre pour trouver des stratégies et
défaire ses schémas.
C’est dans le FDKS que j’ai trouvé ce que j’avais envie d’enseigner car je n’avais
pas envie d’enseigner une technique mais l’envie de transmettre le goût du
mouvement.
Je développe cet aspect dans les ateliers de « mouvement dansé » que j’anime.
J’ai encore dans la tête cette tyrannie de la danse.

Claude Espinassier

En Feldenkrais, il n’y a pas de miracle, il faut du temps.
On ne soigne pas, on donne des outils, des moyens de restaurer des fonctions.
C’est une méthode qui apprend l’humilité.
A une question va suivre une autre question.
On fait du FDKS pour être mieux dans sa vie de tous les jours.
La méthode FDKS permet de trouver plus d’autonomie, de se mettre sous sa
propre autorité, c’est une leçon de liberté.
C’est un aspect essentiel.
Nous les praticiens, nous sommes des « passeurs ».
Ce n’est pas une méthode pour ajouter car c’est plus souvent apprendre à
enlever.

LES PRISES DE PAROLES SPONTANEES

Une psychiatre :

Par le FDKS, les personnes abordant une limite dans le champ langagier peuvent
trouver un chemin nouveau : l’un étant le moteur de l’autre.
Par la prise de conscience à travers le mouvement on peut imaginer une
transformation possible…
Le FDKS par certains mouvements contraignants (par ex. pour moi comme cette
leçon que nous venons d’avoir sur le ventre) peut révéler par les sensations, le
vécu stocké dans les mémoires anciennes et permettre d’amorcer une « reconciliation
» de soi à soi.

Une élève:

Par le FDKS, j’ai senti combien le physique et le mental était liés.
Cela m’aide à me maitriser dans une discussion qui pourrait dégénérer, cela me
rend capable de gérer un conflit en étant « bien », « confort » dans mon corps.
Situer en même temps son corps dans l’espace et se situer par rapport au corps
de l’autre.

Une jeune femme en fauteuil roulant qui fait du FDKS:

Ce qui me passionne c’est qu’est ce qui amène le mouvement.
On m’a proposé de suivre un protocole de performance musculaire à l’Institut du
Muscle à Paris.
J’avais une série de mouvements à faire mais je posais des questions du type
« est ce que je le fais à partir de la hanche ou à partir de l’épaule… ». Donc il y a
eu des résultats très différents selon qu’on partait de l’épaule ou de la hanche et
du coup cela a invalidé leur protocole !


Un élève :
Je ne sais pas si cette méthode rend intelligent mais c’est une méthode qui met
de l’extra dans l’ordinaire.
Il n’y a pas d’intérieur ou d’extérieur, on est un tout et on fait partie d’un tout.
La praxis est un moyen de transformation.

Une élève.
Dans la vie courante, moi le FDKS m’a permis d’aller chercher des objets en
hauteur avec ma cage thoracique plus qu’avec mes bras mais avec mes bras
aussi !!


Une question d’une personne découvrant la méthode cette journée :
A quelle fréquence faire des leçons de FDKS ?
Une réponse
Au début c’est un peu comme marcher dans le brouillard car on est dans une
approche inhabituelle : On est dans le « comment je fais », dans une recherche
de la qualité du mouvement, de la découverte de ses sensations…
Quand on a envie de progresser il faut s’investir un peu, chacun trouve sa
cadence…J’ai appris à prendre du temps dans mon corps car on utilise son corps tellement
souvent dans la hâte.

Claude Espinassier pour conclure

Le FDKS nous permet d’être moins dans la dispersion et plus dans l’immersion.
Nous perdons petit à petit le syndrome du « bon élève ».
Nous acceptons de ne pas réussir à tout prix, de ne pas aller vite, de faire petit,
plus doux et tous les ingrédients du mouvement sont dans les premiers degrés,
dans l’intention du mouvement.
Si vous avez l’intention de faire un grand mouvement, même si vous le commencez
à peine, c’est déjà un grand mouvement. Un petit mouvement, ce n’est pas un
mouvement restreint, c’est un mouvement petit dans son intention.
Le FDKS nous apprend à découvrir nos possibles.